Afin de proposer une réponse écologique et accessible financièrement au besoin croissant de logement dans la commune, le conseil municipal de Plessé a décidé d’impulser la création d’un hameau léger.


Un terrain communal constructible de plus de 7000m2 sera aménagé et mis à disposition par un bail emphytéotique de 99 ans afin d’accueillir 12 foyers à moindre coût.


La commune de Plessé lance un appel à projet dans le but d’identifier un groupe d’habitants souhaitant porter ce projet avec elle.

Ce groupe sera ensuite accompagné durant un an par l’association Hameaux Légers afin de mettre en place les bases du projet.

Qu'est ce que l'habitat réversible ?

C'est un habitat qui peut être démonté, déplacé ou composté pour permettre au terrain de retrouver son état initial; à faible empreinte écologique, il est réalisé avec un maximum de matériaux biosourcés et n’a pas de fondations béton, de manière à ne pas imperméabiliser durablement les sols.

Également appelé habitat léger, il est :

  • soit mobile, comme une tiny house
  • soit démontable, comme une yourte
  • soit déplaçable, comme une maison conteneur,
  • soit biodégradable, comme une kerterre.

En savoir plus sur l’habitat réversible

Pour approfondir, l'association Hameaux Légers a créé un MOOC, un cours en ligne ouvert et gratuit pour s'installer en habitat réversible.

Découvrir le MOOC

Qu'est ce qu'un hameau léger ?

Un hameau léger est un lieu de vie participatif accueillant un petit nombre d’habitats réversibles, accessible aux foyers à ressources modestes, réalisé en partenariat avec la commune qui l’accueille.

Au sein d’un tel lieu, chaque foyer dispose de son habitat et d’un espace extérieur privatif et partage des espaces communs avec les autres (par exemple buanderie, espace de réunion, grande cuisine et salle à manger, chambres d’amis, parking, atelier, abri vélo …). Réunis en association, les habitants gèrent le projet et le lieu de vie démocratiquement en prenant soin des relations humaines.

Les projets de hameaux légers doivent respecter une charte, qui garantit notamment leur caractère écologique, participatif et non spéculatif.

Présentation du lieu proposé

La commune de Plessé est une commune dynamique de 5400 habitants, située dans l'agglomération de Redon, entre Rennes et Nantes.

Son équipe municipale, élue en 2020, est fortement engagée pour la transition écologique dans une logique participative.
Le terrain prévu pour accueillir le hameau léger se situe dans le bourg du Coudray, sur une parcelle constructible d'environ 7000m2 orientée sud qui surplombe une belle zone naturelle avec un étang.

La commune de Plessé

La commune de Plessé est située au Nord de la Loire Atlantique, à 20km de Redon, 40km de Nantes et 50km de Rennes.
Il s’agit d’un territoire très agricole, bocager, avec beaucoup de prairies et d'élevage bovin.
Sa localisation et sa géographie en font un territoire attractif pour les familles car le foncier y est plutôt bon marché, tout en étant stratégiquement bien placé entre plusieurs agglomérations.

Il est possible de rejoindre Nantes en bus et de prendre le TGV à Redon.
La commune de Plessé s’étend sur près de 104 km2 et compte plus de 5000 habitants, répartis principalement sur 3 bourgs distincts : Plessé (2000 hab), Le Dresny (900 hab) et Le Coudray (900 hab). Elle connaît une forte croissance démographique.

La commune dispose de nombreux commerces et services ainsi que d'un plan d'eau de 11 hectares, l'étang de Buhel, avec des activités nautiques (dont un wake park).

En savoir plus sur la commune

L'équipe municipale

La commune de Plessé mène de nombreux projets en faveur d’un développement plus local et résilient de son territoire : approvisionnement bio et local du restaurant scolaire, médiathèque chauffée par géothermie, soutien aux commerces, rénovation du presbytère en logements, diminution de l’éclairage public…

La nouvelle équipe municipale élue en 2020 porte un projet atypique et innovant de gouvernance partagée afin d’articuler démocratie représentative et démocratie participative. Pour que cette implication soit effective et pérenne, toutes les commissions municipales deviennent des comités consultatifs et accueillent désormais les Plesséennes et Plesséens volontaires.

En savoir plus sur les projets menés à Plessé

Le bourg du Coudray

Le terrain prévu pour le hameau léger se situe dans le bourg du Coudray.
On y trouve une école publique, un café associatif récemment ouvert, une boucherie-charcuterie faisant office de supérette, des activités associatives (club de foot, danse et arts martiaux notamment) et un marché paysan avec vente directe de produits (viande, miel, fromage de chèvre, légumes, pain).

Le quartier du Pont Rialland

Le quartier du Pont Rialland se situe au coeur d'une belle zone naturelle, près d’un étang. On y trouve une ancienne voie ferrée qui va être aménagée en voie verte et qui rejoindra Blain et Guéméné Penfao.
Historiquement, il s’y faisait du dépôt de branchages par les agriculteurs, qui servaient au feu de la St Jean au moment de la fête de l'école. Cette tradition s’est arrêtée. Au Sud de l'étang il y a un espace couvert qui accueille des fêtes (dont notamment une fête irlandaise par le passé).

Il y a actuellement un projet de rury-stade (l'équivalent d'un city stade mais en milieu rural). Ce projet articule plusieurs enjeux :

  • permettre aux jeunes du Coudray d'avoir un endroit où se retrouver pour leur éviter de zoner et assurer une certaine équité vis à vis des jeunes de Plessé (il y a des choses à Plessé mais rien au Coudray),
  • faire participer les enfants à la construction,
  • permettre aux enfants de l'école du Coudray d'utiliser facilement les infrastructures pour faire du sport (l’école est à proximité via une voie douce).

Il y a également un projet de jardins partagés. Ce projet est porté par le comité Agriculture, Environnement et Biodiversité, qui aimerait proposer un lieu pour que les gens viennent jardiner et créent du lien. Il y aurait besoin de personnes pour démarrer l’initiative et permettre à d’autres de se greffer au fur et à mesure.

Le terrain proposé

Localisé dans le bourg du Coudray (ICI sur google.maps), il s’agit d’un terrain ensoleillé, en légère pente exposée sud. Deux rangées de chênes ainsi qu'une noue (fossé) bordent le terrain. Il y a une jolie vue sur l’étang en contrebas, et aucun vis-à-vis mis à part le parc au sud de l'étang. Le terrain est actuellement exploité par un agriculteur pour faire du foin.
Une partie du terrain est constructible, l'autre est naturelle et accueillera un projet de jardins partagés et potentiellement un "rury stade" (voire plus haut).

Le cadre du projet

L'étude de faisabilité réalisée par l'association Hameaux Légers entre mai et novembre 2021 a permis de poser les contours du projet, en concertation avec les habitants et la municipalité.
À l'intérieur de ce cadre, il reste une grande liberté pour que le groupe sélectionné propose un projet correspondant à ses envies et ses spécificités.

Aménagement, accès et réseaux

Le hameau léger sera installé sur une partie des parcelles communales n°0048 et 0114, section YB, sur une superficie d'environ 7000m2.
L’accès routier se fera par le Nord (chemin du Pont Brochet) avec un parking sur la partie ouest de la parcelle n°0114 pour privilégier les cheminements doux à l'intérieur de l'écoquartier. Ce parking sera susceptible d'être mutualisé avec les autres projets prévus à proximité (jardins partagés, rury stade).
Le positionnement des espaces communs sera défini en concertation avec les futurs habitants.
La parcelle est desservie par les réseaux existants (dont l’assainissement) et des raccordements seront prévus pour chaque emplacement.
Afin de respecter les prescriptions de densité du Schéma de Cohérence Territoriale (17 logements / hectare), 12 emplacements pour habitats réversibles seront prévus sur le terrain.

Architecture & paysage

Le projet devra être écologique en misant sur une architecture réversible, compacte, et bas carbone.
Des bâtiments communs permettront de mutualiser des espaces et des équipements (ex: buanderie, chambres d'amis, bureaux, salle de jeux, ...) ainsi que de renforcer les liens entre voisins.

La densité et l’implantation des habitats seront optimisées pour préserver le sol et la végétation, faciliter la mobilité douce et être compatible avec les activités du voisinage (co-visibilité, lisibilité des limites, etc.).
Les solutions architecturales retenues pourront représenter une diversité de formes et de matières dans un ensemble cohérent afin de valoriser esthétiquement le lieu et magnifier le paysage existant.

Modèle juridique et financier

La commune de Plessé louera le terrain au collectif d'habitants, constitué sous forme associative, par l'intermédiaire d'un bail emphytéotique de 99 ans (voir plus haut pour en savoir plus sur le bail emphytéotique).

Afin d'alléger les contraintes de financement qui pèseront sur le collectifs, la commune prendra en charge les coûts d'aménagement (terrassement, réseaux, voirie) et de construction des espaces communs. A titre indicatif, le budget prévisionnel de ces travaux est d'environ 500.000€, main d'oeuvre et études comprises.
La conception architecturale et les travaux seront réalisés en concertation avec les futurs habitants.

Pour l'accès au terrain aménagé et aux espaces communs, le loyer sera de l'ordre de 150 € par mois et par foyer, de manière à rendre l’opération financièrement neutre pour la commune tout en garantissant un coût raisonnable pour les habitants.

Chaque foyer sera responsable du choix, du financement et de l'entretien de son habitat réversible. Un accompagnement architectural et paysager permettra d'assurer l'harmonie des différents habitats.

Implication locale

Il est attendu du projet qu’il encourage le dynamisme économique et social du territoire. La commune sera particulièrement attentive à ce que les candidates et candidats souhaitant rejoindre le hameau aient un projet personnel ou professionnel en lien avec la vie du territoire : activité économique locale, investissement dans la vie associative…

Calendrier prévisionnel

A partir de mai 2022, l'association Hameaux Légers accompagnera conjointement la commune et le collectif sélectionné au montage du projet.
Le démarrage des travaux d'aménagement et de construction des espaces communs est prévu pour le début du printemps 2023, de manière à permettre les premières installations à partir de l'été 2023.

Candidater

Qui peut candidater ?

Pour être éligible, une équipe candidate doit être constituée d’au moins 3 foyers souhaitant élaborer un projet de type “hameau léger” et y résider de manière permanente.
Ces groupes pourront être complétés par la suite en choisissant de nouvelles personnes pour les rejoindre, notamment parmi les candidatures n’ayant pas été retenues.
Les 29 et 30 janvier, un événement à destination des personnes intéressées sera organisé afin de faciliter les rencontres et la constitution de groupes (inscriptions ici)
Il est également possible de rejoindre ce forum afin de proposer d'autres événements et rencontres !

Les équipes candidates devront prévoir d'être disponibles le samedi 2 avril 2021 pour un entretien avec le jury de sélection.

Déroulement de l'appel à projets

  • décembre/janvier : lancement de la communication et ouverture des candidatures
  • samedi 29 janvier & dimanche 30 janvier : weekend de lancement de l'appel à projets (réunion publique de présentation du projet, visite du terrain et du Coudray, rencontres entre personnes intéressées, ateliers et retours d’expérience proposés par l’association Hameaux Légers). Places limitées, inscription obligatoire ici.
  • dimanche 13 mars minuit : clôture des candidatures
  • lundi 21 mars : annonce des pré-sélectionnés
  • samedi 2 avril : entretiens des équipes retenues avec le jury de sélection
  • avril : communication des résultats

Évaluation des projets

Les dossiers seront évalués par les élus et les services techniques selon les critères suivants :

✔️  Mixité sociale et générationnelle
✔️  Qualité et diversité des projets d'habitats réversibles
✔️  Maturité du projet
✔️  Lien au territoire
✔️  Pertinence des activités économiques et associatives envisagées
✔️  Coup de coeur

Dossier de candidature

Le dossier de candidature devra être structuré en trois parties, de la manière suivante :

  1. Présentation et composition du groupe :
    Histoire de création du groupe et présentation des différents ménages constituant le projet : âge, localisation, activités économiques et associatives actuelles et projetées, compétences ou expériences éventuelles dans les domaines jugés utiles au projet (habitat participatif, construction écologique, ...)

  2. Description du projet envisagé et motivations Vision du projet et du vivre ensemble, activités, espaces communs et aménagement envisagés, modalités d'organisation, de gouvernance, de choix des personnes qui rejoindront le projet, de gestion des conflit...

  3. Caractéristiques des habitats envisagés
    Taille, forme, matériaux, budget, degré d’autoconstruction, temporalité de construction, performance énergétique, type de chauffage...

Il devra comporter dix pages maximum avec une police de taille 11 au minimum et pourra inclure des images.

Des habitants de Plessé volontaires pourront apporter un soutien pour la rédaction du dossier en le relisant et en suggérant des bonifications.

Des questions ?

Si vous avez des questions sur le projet, merci de commencer par lire les questions déjà posées et leurs réponses ci-dessous.

Si vous ne trouvez pas la réponse à votre question, vous pouvez nous écrire à l'adresse plesse@hameaux-legers.org

Pour toute question qui n'est pas liée spécifiquement à ce projet mais concerne l'habitat réversible dans sa globalité (ex: réglementation, architecture, etc) > RDV sur le site du MOOC, le cours en ligne que nous avons conçu pour répondre à ces questions.

Peut-on candidater tout seul ?

Non, il est nécessaire de constituer un groupe d'au moins 3 foyers. La commune va ainsi choisir un projet collectif cohérent plutôt que des individus choisis isolément et qui n'auront pas forcément de vision commune. Si vous n'avez pas de groupe, vous pouvez tenter d'en constituer un en proposant des temps de rencontre et de discussion sur le forum ou demander à rejoindre le groupe qui sera sélectionné.

Qu'appelez-vous un ménage ou un foyer ?

Un ménage (ou un foyer) c’est un ensemble de personnes qui vivent sous le même toit. Cela peut être :

  • une personne seule
  • un couple
  • un couple avec un enfant
  • une personne seule avec un enfant
  • etc.

Est ce que c’est un groupe de 3 foyers qui sera sélectionné ?

Ce sera un groupe d’au moins 3 foyers (maximum 12), partageant une vision commune du projet. Il y a une volonté de ne pas imposer de regroupement entre différents groupes, et de laisser le groupe s’étoffer au fur et à mesure. On peut évidemment être plus de 3 foyers au moment de la candidature. Il reste possible que la commune incite des groupes à se rencontrer si elle a l’impression que les projets sont très proches et les visions compatibles.

Je n'ai pas de groupe, comment puis-je constituer un collectif ?

  • En participant au weekend de lancement de l'appel à projets les 29 et 30 janvier à Plessé
  • En proposant des temps de rencontre en visio et en présentiel sur le forum ou sur le groupe FB Je veux vivre dans un hameau léger
  • En participant à la formation du 7 au 10 avril 2022 à Saffré (44) pour apprendre à créer un projet de hameau léger (pré-inscriptions ici)

À quoi faut-il porter attention lors de la création d'un collectif ?

Il est très important de pouvoir partager de manière authentique les besoins de chacun-e sur un certain nombre de sujets clés, afin de pouvoir constater les points de convergence et de divergence, et de prendre le temps de parler des divergences en se demandant dans quelle mesure elles peuvent constituer des incompatibilités.
Voici quelques sujets dont il est important de parler dès le départ :

  • Quel niveau de mutualisation dans le projet ? (équipements, espaces, charges communes, véhicules, ...)
  • Quelle place pour les enfants dans le projet ? (degré de liberté, implication du groupe dans l'éducation, etc)
  • Quel niveau d’intimité du hameau par rapport à l’extérieur ? (visites régulières ou non, activités accueillant du public, ...)
  • Quel rapport a la pudeur et au partage des émotions au sein du collectif ? (importance ou non de temps de régulation et de partage des émotions, niveau de présence, etc)
  • Quelle place pour les animaux au sein du projet ? (rapport aux animaux domestiques, à la consommation d'animaux, etc)
  • Quel rapport aux règles de vie collective ? (niveau de précision des règles vs souplesse)
  • Quelles sont les valeurs clés du collectif ? Comment se mettent-elles en application concrètement ? (par exemple, quelles sont les pratiques qui seraient inacceptables sur le plan écologique ?)
  • Quel niveau d'implication de chacun dans le projet ? Sur le lieu ? Est-il acceptable que certaines personnes soient absentes régulièrement car prises par des impératifs professionnels ou familiaux ?
  • Quelles sont les pratiques ou les valeurs qu'il est important que tous les membres partagent ?

Gardez en tête que le positionnement initial des membres du groupe peut évoluer au cours du projet et qu'il est important de pouvoir le réinterroger régulièrement afin d'actualiser le projet commun !

N'hésitez pas à regarder cette vidéo pour en savoir plus sur les enjeux humains dans un projet d'habitat participatif.

Les critères du dossier de candidature sont-ils listés selon un ordre de priorité ? Y a-t-il une pondération ?

Le comité de pilotage a choisi de ne pas dévoiler la pondération des critères. Ils ne sont pas listés par ordre d'importance.

Pourriez-vous précisez ce que signifie le critère « Pertinence des activités économiques et associatives envisagées » ?

L'idée n'est pas de juger l'utilité des activités professionnelles des personnes du groupe, mais d'apprécier comment le projet global porté par un collectif et ses membres va pouvoir contribuer au territoire, afin de s'assurer que l'écoquartier sera en lien avec le reste de la commune et pourra s'intégrer au mieux à ce qui existe déjà. La commune est ouverte à toute forme d’activité différente, sans préjugés, en sachant qu'il y a déjà 82 associations et des activités diverses.

Qu'est ce qui motive la commune ?

"Tout changer et faire la révolution !”. Plus sérieusement, apporter une alternative aux lotissements conventionnels, souvent destructeurs sur le plan écologique et humain, et tenter d'essaimer ce type de projets en inspirant d'autres communes à se lancer, en toute humilité.
A Plessé, il y a la volonté d’être une commune en transition, et ce projet fait partie d’un tout. Ce n’est pas un groupe d’habitant à regarder à la loupe, fera partie des 5400 habitants qui feront partie de la commune. Une commune en transition essaye de proposer autre chose, c’est un exemple parmi tant d’autres. On sera fiers si ça essaime ailleurs, on n’a pas la vocation d’être en haut du podium pour la gloire mais de montrer aux autres collectivités qui sont frileuses que c’est possible. Quand on parle d’HL, il y avait des peurs, bien plus que pour un lotissement classique. Parce que l’habitat va être différents, il y a plein de questions qui se posent.. Répond à un enjeu écologique, un enjeu social (crise sanitaire), etc. Commune qui aime être le poil à gratter et bousculer des choses. Bassin d’emploi agricole et artisanal, mobilité complexe (bus pas présent par ex). Commune rurale qui veut travailler sur des sujets, comme le zéro artificialisation nette.

Est ce que le projet a fait consensus au sein du conseil municipal ?

Oui ! La création du hameau léger a été votée à l'unanimité du conseil municipal (y compris l'opposition).
Le financement des espaces communs a été voté par 22 voix “Pour” et 7 abstentions (voir ici le compte-rendu du conseil municipal)

Où pourront vivre les candidats en attendant la finalisation du lieu de vie ?

Si certains futurs habitants ont déjà leur habitat (par exemple une tiny house), la commune étudiera la possibilité de trouver des opportunités d'installation temporaire en attendant la fin des travaux d'aménagement.

Est-on obligé d’être raccordé aux réseaux ?

Le terrain est en zone constructible, et le règlement du PLU demande le raccordement, les emplacements seront donc tous raccordés aux réseaux d'eau, d'électricité et d'assainissement.
Cependant, la commune souhaite encourager la production d'énergies renouvelables, la récupération des eaux de pluie et la réduction de la consommation d'eau et d'énergie. Il sera donc possible de produire tout ou partie de son énergie et de réinjecter les surplus dans le réseau, ce qui est plus écologique que d'utiliser des batteries étant donné que les emplacements seront de toute manière raccordés. Il sera également possible de réutiliser les eaux de pluie pour certains usages domestiques.
Sur le plan de l'assainissement, la station d'épuration locale est à filtre planté (= en phytoépuration), donc écologique, et a la capacité d'absorber davantage de flux, il a paru pertinent d'utiliser ce qui fonctionne déjà bien plutôt que de créer de nouveaux équipements.

Est-ce que les compteurs seront communs ou individuels ?

Cela fait partie des sujets qui seront laissés à la décision du groupe d’habitants. Cela ne fait pas partie du cadre de faisabilité. Tout est possible : un abonnement commun et des sous-compteurs, pas de compteurs différenciés, des abonnements individuels...
Hameaux Légers accompagnera le groupe d'habitants à se doter d'outils pour décider de ce genre de choses en temps voulu.

Est-il possible de faire ce que je veux sur ma parcelle ?

Hameaux Légers accompagnera le groupe d’habitants à définir ses propres règles, notamment sur le sujet de la frontière privé/collectif. Certains collectifs iront loin dans la définition des règles, d’autres laisseront peut-être plus de liberté, et feront confiance aux réunions et prises de décision sur le moment où la question arrive sur la place. Dans tous les cas il faudra prévoir des cas de conflits et mettre en place un règlement pour qu'il n'y ait pas d'ambiguité sur le processus à suivre dans ce type de situation.

Ya-t-il une surface maximum pour les habitats ?

Il n’y a pas de limite définie. En revanche, il faudra que les habitats « soient facilement et rapidement démontables » pour entrer dans le cadre de la loi. Donc c’est une 1ère contrainte qui limitera la taille des habitants. Le groupe devra statuer aussi sur le type d’architecture et d’aménagement qu’il souhaite. Le collectif pourra décider de fixer une emprise au sol maximale pour les habitations et inscrire cela dans son règlement intérieur.

Y a-t-il besoin d’un permis de construire pour chaque habitat ?

Non, un permis d’aménager global va définir tous les emplacements. Les habitats sont ensuite installés sans formalités supplémentaires, dans ces emplacements prévus, évidemment dans le respect des règles du PLU. Le collectif pourra se doter de règles imposant d'obtenir l'accord du groupe en cas de travaux extérieurs, par exemple.

Est-ce que les espaces communs doivent être réversibles ?

Pas forcément. On ne sera pas dans le cadre des “résidences démontables” car ils ne constituent pas une résidence principale, donc il n’y a pas d’enjeu de démonter ou de déplacer les espaces communs. Le bâtiment commun n’a intrinsèquement pas la vocation de bouger, et sera financé par la commune. Mais l’impératif écologique va rentrer en compte, et certainement que l’usage du béton sera réduit autant que possible pour le bâtiment commun également.

Est-ce que les habitants peuvent participer à la construction des communs ?

Oui, c’est possible, et cela permettra de réduire le montant du loyer. Il faudra cependant gérer les questions d’assurance décennale avec le maître d’oeuvre choisi, en fonction des besoins de la commune qui finance le bâtiment commun. Il s’agira peut-être seulement de participer au secon d’oeuvre et aux finitions.

Comment vont évoluer les loyers dans le temps long ?

La question n’a pas été traitée encore. Il est prévu que la commune rentre dans ses frais sur 25 ans grâce aux loyers. Après 25 ans, soit les loyers baisseront, soit ils resteront identiques et serviront aux projets d’intérêt général de la commune.

Est ce qu’être déjà propriétaire d’un logement quelque part part pourrait être un frein dans les critères ?

La commune ne demandera pas aux candidats s'ils sont déjà propriétaires ou non, ni leur fiche de paye, donc ce ne sera pas un critère. Il y a un souhait de mixité sociale, donc ce serait positif qu'il y ait une diversité entre les candidats.

Est ce que c’est possible d’être locataire d'un habitat réversible au sein du projet ?

Non, pas sur ce projet. L’idée est que chaque foyer soit propriétaire de son logement et participe équitablement à la gestion du lieu, sans qu’il y ait de bénéfice fait par un privé. Si des personnes ont des difficultés pour le financement de leur habitat, n’hésitez pas à venir vers Hameaux Légers pour être redirigés vers d’autres solutions qui peuvent exister.

Est-il possible de faire un crédit immobilier pour l’achat d’un habitat réversible, ou uniquement un crédit à la consommation ?

Les banques évoluent peu à peu car cela ne rentre pas dans leurs schémas initiaux. Certaines personnes ont réussi à obtenir des crédits immobiliers pour des projets de ce type, avec des banquiers ouverts et volontaires pour faire avancer les choses. C’est plus difficile pour les habitats mobile type tiny house. Il est cependant possible d’obtenir un crédit à taux faible, sans pour autant que ce soit un crédit immobilier (ex: 12/15 ans, autour de 2%).

Quel sera le statut des habitants ? Pourront-ils être domiciliés sur place ? Paieront-ils des impôts ?

Les personnes résidents sur le lieu seront considérés comme des habitants “normaux” : ils seront assujetis aux impots locaux, pourront voter sur place, auront un justificatif de domicile ...

Y aura-t-il un accompagnement architectural ?

Dans le budget financé par la commune il y a un accompagnement sur la maîtrise d’œuvre, la définition des espaces communs, etc. Au delà du groupe initial, le groupe pourra solliciter un accompagnement complémentaire, par exemple pour les personnes qui rejoindront le projet plus tard (avec le CAUE par exemple). Il est par ailleurs possible qu’il y ait des compétences au sein du collectif.

Est ce que les baux sont individuels, ou c’est un bail collectif ? Est-il possible de transmettre à ses héritiers ?

C’est l’association d’habitants qui sera titulaire du bail emphytéotique. Ensuite il pourra y avoir une sous location de l’association à chaque foyer, mais pas nécessairement. Cela dépend des besoins de chaque groupe (transmission en cas de décès, divorce, etc). Hameaux Légers a travaillé avec un notaire et une juriste pour établir les différents cas possibles et accompagnera le collectif à définir ses besoins puis travaillera avec un notaire / une juriste pour réaliser le montage juridique qui répondra à ces besoins spécifiques. On ne propose pas un modèle à tout le monde car il y a différents besoins. Nous accompagnerons le groupe à se positionner sur ces questions puis un professionnel permettra de mettre en place le cadre qui répondra aux besoins du collectif.

Est-il raisonnablement possible de devenir un groupe de 12 en un an ?

L’idée, c’est de rendre le groupe le plus autonome possible au bout de l’accompagnement d’un an, qui peut se prolonger si le collectif et HL sont d’accord (NB : le groupe peut aussi être accompagné par d’autres professionnels). L’objectif n’est pas de se dire “on a un an pour être 12”, mais d'intégrer les personnes petit à petit, en fonction des rencontres et des affinités. L'inclusion de nouvelles personnes est une pierre angulaire de la réussite d’un tel projet, qui demande de la maturité. Cela peut aller plus ou moins vite suivant les projets et le vécu commun. Chaque groupe traverse par ailleurs différentes phases, et il y aura des fluctuations, des départs et des arrivées.

Si un des ménages fait “faux bond” qu’est ce qu’il arrive au reste de l’équipe ?

Il est probable que des gens se désengagent du groupe. Ce n’est pas gênant à partir du moment où le noyau du groupe reste solide. Le bail emphytéotique ne sera pas signé tout de suite. Si le groupe se disloque dès le début du projet, nous l’aiderons dans cette phase difficile. Si une grande partie du groupe venait à se désengager avant la signature du bail, la création du hameau léger pourrait toutefois être remise en question.

Comment se passe la gestion des arrivées et des départs ?

Il n’y a pas de processus défini, c’est un sujet d’accompagnement spécifique. Chaque groupe se dote de ses propres règles, coutumes, manières de faire. Pour les arrivées, il y a souvent un processus avec plusieurs jalons, où la personne en inclusion vient passer de plus en plus de temps jusqu'à ce que le groupe décide officiellement de l'inclure. Dans le cas des départs, il y a souvent un délai de préavis avant de partir, dans lequel on est redevable du loyer / des charges.
Nous conseillons également, en utile recours, de se doter d'un processus de sauvegarde pouvant aller jusqu'à l'exclusion.

Qu’est ce qui est mis en place pour accompagner le collectif sur le facteur humain ?

Plein de choses, qui vont être proposées par la personne qui va accompagner ce groupe. Au delà des sujets opérationnels, qui sont importants (ex: travail sur le plan d’aménagement, les règles communes, les statuts, le permis d’aménager...), ,nous mettons souvent l’accent sur des temps de partage des émotions et du vécu de chacun, des espaces de régulation où on peut parler de sujets qui ne sont pas opérationnels. L’accompagnement sera fortement adapté aux envies et aux besoins du groupe. L’objectif à terme est de rendre le groupe autonome en termes de pilotage opérationnel, de prise de décision et de gestion du facteur humain.

Y a-t-il une durée minimale d'engagement sur un tel projet ?

Les personnes qui participent à ce type de projet y mettent beaucoup de temps et d’énergie, personne n’imagine partir rapidement de ces projets là. Les personnes qui entrent dans ces processus veulent rester à moyen - long terme. Cependant, dans la vie, il y a toujours des imprévus qui nous amènent à modifier nos engagements, changer nos plans... C’est là où il y a des questions de préavis qui vont être mis en place. Va faire partie des règles dont chaque groupe va se doter. Au delà des départs, la durée annuelle de présence sur place peut être un sujet (ex d’un membre du groupe qui part faire les saisons). Des règles spécifiques peuvent être définies par un groupe.

Sera-t-il possible d’obtenir de l’aide et des retours d'expérience de la part d’autres collectifs engagés sur des projets similaires ?

Au sein de l’asso Hameaux Légers, on essaye de mettre en place un réseau d’entraide et de partage d’expérience entre collectifs. Pour cela nous proposons des temps de rencontre sur plusieurs jours entre collectifs (le prochain a lieu sur le weekend de l’ascension, du 26 au 29 mai), une plateforme de discussion en ligne ainsi que des réunions mensuelles en visio (envoyer un mail à Gaëlle gaelle.batard@hameaux-legers.org pour vous inscrire), où les collectifs viennent, amènent des sujets... Dans le cadre de l’accompagnement, on partage aussi des retours d’expérience d’autres collectifs, et on tâche de produire des contenus écrits, audio ou vidéo qui seront prochainement disponibles sur une plateforme que nous sommes en train de créer.

Est ce que le projet rend possible la transformation de l’habitat ou l’ajout d’une extension ?

Sur le plan de la réglementation du PLU, oui c’est possible tant que les règles de base (qui sont très souples) sont respectées; il n’y aura pas besoin de démarche additionnelle tant qu’on reste dans le cadre d’un habitat facilement et rapidement démontable. Ensuite le collectif peut se doter de règles / d’un processus pour encadrer l’évolution des habitats de manière à garantir que cela ne génère pas de nuisance.

Est ce que le rury stade et le jardin partagé sont à une distance éloignée du terrain ou c’est juste à côté ?

La visite sur le terrain permet de mieux le voir. Le rury stade et le jardin partagé seront à proximité, de l’autre côté d’une rangée de chênes et avec un fossé qui sépare les deux espaces. Pour nous cela ne devrait pas générer trop de nuisances, mais au contraire de créer des ponts avec d’autres habitants, et de bénéficier d’espaces supplémentaires au delà des 7000m2 constructibles du hameau léger. Le rury stade sera élaboré en concertation avec les futurs habitants de manière à prendre en compte leurs besoins.

Sur quoi faut-il être vigilant en tant que porteur de projet ?

Selon nous, l'enjeu n°1 c’est l’humain, tout le reste est réversible. Il y a des problématiques techniques, liées au fait que c'est un projet innovant, mais également beaucoup de solutions, et notre rôle en tant qu'associaiton est d'apporter des réponses à cela.
En revanche il est nécessaire que chaque personne ait une réelle envie de faire avec l’autre, de se remettre en question, de prendre soin des relations.
C'est aussi tout l'intérêt de ces projets, qui font beaucoup évoluer, amènent beaucoup de richesse, mais demandent de l’énergie, de la volonté, de la remise en question. Si vous cherchez un projet facile qui demande peu d’énergie, ce n’est pas le bon endroit. Si vous cherchez à évoluer, approfondir les choses, tendre vers la vie rêvée en toute humilité, de cheminer vers, vous êtes au bon endroit. Ne pas oublier l’importance de savourer le chemin, et de ne pas être focalisés sur le résultat.