Se lancer dans un projet de hameau léger, c’est avant tout une aventure humaine et collective. Pourtant, un sujet revient souvent comme une source d’appréhension : l’argent. Comment le gérer à plusieurs sans créer de tensions ? Comment s’assurer que chacun·e se sente écouté·e et respecté·e dans ses contributions et ses besoins ? Cette action est faite pour vous accompagner dans cette étape délicate mais essentielle : décider ensemble des modalités de dépenses communes dès le début de votre projet.
L’argent n’est pas qu’une question de chiffres, il révèle le facteur humain d’un collectif. Dans un collectif, il peut devenir un levier de coopération ou, au contraire, une source de conflits s’il n’est pas abordé avec clarté et bienveillance. Ici, vous apprendrez à désamorcer les tabous, à identifier les premières dépenses et à mettre en place des outils simples pour une gestion transparente.
L’objectif est de transformer l’argent en un outil au service de votre projet, plutôt qu’en un sujet de discorde.
Avant de plonger dans les dépenses communes, il est utile de bien comprendre le cadre juridique et financier d’un hameau léger. Nous vous invitons à consulter l’action Découvrir le montage juridique et financier d’un hameau léger. Cela vous permettra de mieux appréhender les modèles économiques possibles qui influencent la gestion de l’argent dans un projet de hameau léger.
Avant de plonger dans les dépenses communes, il est utile de bien comprendre le cadre juridique et financier d’un hameau léger. Nous vous invitons à consulter l’action Découvrir le montage juridique et financier d’un hameau léger. Cela vous permettra de mieux appréhender les modèles économiques possibles qui influencent la gestion de l’argent dans un projet de hameau léger.
Les Français·es ont la réputation d’avoir un rapport assez tendu à l’argent, ce qui en fait un sujet tabou, ou du moins sensible, difficile à aborder dans une discussion collective. Plusieurs raisons culturelles et historiques expliquent cette réticence (Janine Mossuz-Lavau, L'argent et nous, 2007) :
L’argent, ressource centrale dans nos sociétés, est à la fois un outil indispensable et une source majeure de tensions au sein des groupes humains.
Toute organisation humaine — famille, entreprise, association — repose sur la mise en commun de ressources, dont l’argent est souvent la plus cruciale. Dans une économie fondée sur l’échange, il permet d’accéder à des biens et services essentiels. Pourtant, sa gestion collective est souvent conflictuelle : faut-il dépenser ou épargner ? Comment répartir les contributions ? Qui bénéficie de l’argent commun ? Ces questions révèlent des divergences de valeurs et d’intérêts, fragilisant la cohésion des groupes.
Le silence autour de l’argent aggrave ces tensions. Chacun entretient un rapport différent à cette ressource, influencé par son éducation, ses valeurs et ses expériences. Certains le voient comme une sécurité à préserver, d’autres comme un moyen à dépenser rapidement, ou encore comme un outil d’investissement. Ignorer ces différences expose les collectifs à des malentendus et à des conflits.
Les projets de hameaux légers, et plus largement d’habitat participatif, n’échappent pas aux tensions que génère le sujet de l’argent. De nombreux collectif s’en sont faits les témoins.
Dans le cadre d’un projet de hameau léger, nous pensons que “parler argent” en collectif est un pré-requis pour se lancer dans l’aventure ! Nous vous conseillons d’amener ce sujet au centre de la table pour :

L’argent n’a pas de valeur intrinsèque : un billet de 100€ n’est qu’un symbole, dont la valeur repose sur un accord collectif. Il sert surtout à mesurer ce que nous attribuons comme valeur au travail (reconnaissance de notre production, sauf pour les capitalistes) et à la consommation (satisfaction de nos besoins et envies). Questionner son rapport à l’argent, c’est donc interroger sa relation au travail (Quelle valeur a mon temps ?) et à la consommation (Comment dépenser ou épargner ?).
Dans les projets d’habitat partagé et les écolieux, l’argent — et donc le travail et la consommation — suscite débats et fantasmes. Pour certains, il représente la reconnaissance de leur travail et un levier pour concrétiser des projets collectifs (achat de terrains, équipements, etc.). Pour d’autres, il incarne les travers du système marchand : exploitation, inégalités et consumérisme.
En réaction, des alternatives émergent : monnaies locales pour favoriser l’économie territoriale, mutualisation pour réduire les inégalités et financer des projets communs, ou encore sobriété matérielle, troc et don pour renforcer l’autosuffisance et la solidarité. Certains rêvent même de vivre sans argent.
Les Français·es ont la réputation d’avoir un rapport assez tendu à l’argent, ce qui en fait un sujet tabou, ou du moins sensible, difficile à aborder dans une discussion collective. Plusieurs raisons culturelles et historiques expliquent cette réticence (Janine Mossuz-Lavau, L'argent et nous, 2007) :
L’argent, ressource centrale dans nos sociétés, est à la fois un outil indispensable et une source majeure de tensions au sein des groupes humains.
Toute organisation humaine — famille, entreprise, association — repose sur la mise en commun de ressources, dont l’argent est souvent la plus cruciale. Dans une économie fondée sur l’échange, il permet d’accéder à des biens et services essentiels. Pourtant, sa gestion collective est souvent conflictuelle : faut-il dépenser ou épargner ? Comment répartir les contributions ? Qui bénéficie de l’argent commun ? Ces questions révèlent des divergences de valeurs et d’intérêts, fragilisant la cohésion des groupes.
Le silence autour de l’argent aggrave ces tensions. Chacun entretient un rapport différent à cette ressource, influencé par son éducation, ses valeurs et ses expériences. Certains le voient comme une sécurité à préserver, d’autres comme un moyen à dépenser rapidement, ou encore comme un outil d’investissement. Ignorer ces différences expose les collectifs à des malentendus et à des conflits.
Les projets de hameaux légers, et plus largement d’habitat participatif, n’échappent pas aux tensions que génère le sujet de l’argent. De nombreux collectif s’en sont faits les témoins.
Dans le cadre d’un projet de hameau léger, nous pensons que “parler argent” en collectif est un pré-requis pour se lancer dans l’aventure ! Nous vous conseillons d’amener ce sujet au centre de la table pour :

L’argent n’a pas de valeur intrinsèque : un billet de 100€ n’est qu’un symbole, dont la valeur repose sur un accord collectif. Il sert surtout à mesurer ce que nous attribuons comme valeur au travail (reconnaissance de notre production, sauf pour les capitalistes) et à la consommation (satisfaction de nos besoins et envies). Questionner son rapport à l’argent, c’est donc interroger sa relation au travail (Quelle valeur a mon temps ?) et à la consommation (Comment dépenser ou épargner ?).
Dans les projets d’habitat partagé et les écolieux, l’argent — et donc le travail et la consommation — suscite débats et fantasmes. Pour certains, il représente la reconnaissance de leur travail et un levier pour concrétiser des projets collectifs (achat de terrains, équipements, etc.). Pour d’autres, il incarne les travers du système marchand : exploitation, inégalités et consumérisme.
En réaction, des alternatives émergent : monnaies locales pour favoriser l’économie territoriale, mutualisation pour réduire les inégalités et financer des projets communs, ou encore sobriété matérielle, troc et don pour renforcer l’autosuffisance et la solidarité. Certains rêvent même de vivre sans argent.
Au sein d’un hameau léger, de nombreux sujets peuvent faire l’objet de discussions, d’arbitrages et de décisions impliquant de l’argent. Ils peuvent être regroupés en 4 catégories :
Ce tableau très synthétique ne reflète que des grandes thématiques d’entrées et de sorties d’argent qui peuvent vous aider à nourrir vos premières discussions sur vos rapports à l’argent.
Au début de votre projet collectif, il vous sera difficile d’apporter une réponse anticipée et formalisée à tous les sujets liés à l’argent. Cela viendra avec le temps avec l’évolution de votre collectif et l’avancée de votre projet. Toutefois, il peut être intéressant dès maintenant d’échanger en collectif sur les rapports à l’argent.
Nous vous proposons ainsi de réaliser l’atelier Échanger sur les rapports à l’argent : convergences et divergences. Poser le sujet de l’argent au centre de la table n’est pas forcément facile dans un collectif. Cet atelier est une manière d’amener les membres de votre collectif à discuter d’argent sous un format cadré et ludique. Il vous permettra de :
En complément de cet atelier, nous vous invitons à organiser des cercle de parole autour de l’argent afin d’avancer pas à pas sur ces questions et résoudre les tensions potentielles. Pour cela, vous pouvez consulter la ressource Animer un cercle de parole et d'écoute.
Nous vous proposons de vous nourrir des retours d’expérience que nous ont transmis des collectifs :
Au sein d’un hameau léger, de nombreux sujets peuvent faire l’objet de discussions, d’arbitrages et de décisions impliquant de l’argent. Ils peuvent être regroupés en 4 catégories :
Ce tableau très synthétique ne reflète que des grandes thématiques d’entrées et de sorties d’argent qui peuvent vous aider à nourrir vos premières discussions sur vos rapports à l’argent.
Au début de votre projet collectif, il vous sera difficile d’apporter une réponse anticipée et formalisée à tous les sujets liés à l’argent. Cela viendra avec le temps avec l’évolution de votre collectif et l’avancée de votre projet. Toutefois, il peut être intéressant dès maintenant d’échanger en collectif sur les rapports à l’argent.
Nous vous proposons ainsi de réaliser l’atelier Échanger sur les rapports à l’argent : convergences et divergences. Poser le sujet de l’argent au centre de la table n’est pas forcément facile dans un collectif. Cet atelier est une manière d’amener les membres de votre collectif à discuter d’argent sous un format cadré et ludique. Il vous permettra de :
En complément de cet atelier, nous vous invitons à organiser des cercle de parole autour de l’argent afin d’avancer pas à pas sur ces questions et résoudre les tensions potentielles. Pour cela, vous pouvez consulter la ressource Animer un cercle de parole et d'écoute.
Nous vous proposons de vous nourrir des retours d’expérience que nous ont transmis des collectifs :
Dans un projet de hameau léger (comme dans beaucoup de projet), deux grands types de dépenses sont à prendre en compte :
Voici quelques exemples de dépenses :
Selon l’avancée du collectif, vous n’aurez pas à gérer les mêmes dépenses. Avec le temps et le montage de votre projet, vos dépenses répondront à vos réalisations :
Dans un projet de hameau léger (comme dans beaucoup de projet), deux grands types de dépenses sont à prendre en compte :
Voici quelques exemples de dépenses :
Selon l’avancée du collectif, vous n’aurez pas à gérer les mêmes dépenses. Avec le temps et le montage de votre projet, vos dépenses répondront à vos réalisations :
Il nous semble important de rappeler que la gestion des dépenses collective se construit au fur et à mesure de l’avancée d’un collectif. À l’émergence de ses premières dépenses, un collectif définit une première base qui va s’améliorer chaque année en fonction de l’expérience accumulée et des projections sur les périodes qui suivent.
Sans visibilité, les dépenses peuvent devenir une source de conflit : "Combien va coûter le projet ?", "Qui va payer quoi ?", "Et si on manque d’argent ?". Anticiper permet de réduire l’incertitude et de prendre des décisions éclairées.
📝 Conseil pratique : Utilisez un tableur pour classer les dépenses par catégorie et par priorité.
Sans recettes, pas de dépenses possibles ! Il vous faut identifier d’où vient l’argent pour réaliser les dépenses et comment cet argent est réparti entre les membres de votre collectif.
Pour les dépenses de fonctionnement : En fonction de ce que votre collectif prévoie de dépenser, plusieurs répartitions sont possibles :
Il nous semble important d’échanger sur le financement de ces dépenses dès l’arrivée des premières mais aussi en projection des futures : Comment répartissez-vous les dépenses régulières ? Envisagez-vous de créer des activités économiques pour contribuer à ce fonctionnement ?
Pour les dépenses d’investissement : Ces dépenses sont bien plus importantes que le fonctionnement et vont nécessiter des appels de fonds plus importants. Voici quelques exemples de recettes possibles :
Il nous semble important d’échanger dès l’émergence d’un collectif sur ces sujets de répartition de financement des investissements : Quelle somme souhaitez-vous que chacun·e apporte au projet ? Quelle capacités a chacun·e d’aller chercher des fonds auprès de banques ou de proches ?
Un suivi transparent des dépenses réalisées permet de garder une trace de ce qui a été dépensé, de rendre des comptes à tous les membres du collectif et d’adapter le budget en fonction des réalités.
Plusieurs outils sont possibles en fonction du niveau d’avancement d’un collectif :
Vous pouvez également créer un rôle dédié à la trésorerie pour centraliser les dépenses (et les justificatifs si besoin), mettre à jour le suivi régulièrement et rendre compte dans des réunions régulières dédiés aux finances.
Les moyens de paiement évoluent avec la maturité du collectif. Bien les choisir, c’est gagner en efficacité et en sécurité.
Un collectif en émergence commencera généralement par des premières dépenses dont chaque membre gère de son côté (exemple : un repas en auberge espagnole). Un collectif formalisé en une personne morale (exemple : association) pourra ouvrir un compte bancaire à son nom et ainsi avoir des moyens de paiement sur une même enveloppe commune alimentée par tous·tes les membres.
Le choix d’une banque pourra se faire selon les critères du collectif (éthique, proximité, coût, etc.).
Il nous semble important de rappeler que la gestion des dépenses collective se construit au fur et à mesure de l’avancée d’un collectif. À l’émergence de ses premières dépenses, un collectif définit une première base qui va s’améliorer chaque année en fonction de l’expérience accumulée et des projections sur les périodes qui suivent.
Sans visibilité, les dépenses peuvent devenir une source de conflit : "Combien va coûter le projet ?", "Qui va payer quoi ?", "Et si on manque d’argent ?". Anticiper permet de réduire l’incertitude et de prendre des décisions éclairées.
📝 Conseil pratique : Utilisez un tableur pour classer les dépenses par catégorie et par priorité.
Sans recettes, pas de dépenses possibles ! Il vous faut identifier d’où vient l’argent pour réaliser les dépenses et comment cet argent est réparti entre les membres de votre collectif.
Pour les dépenses de fonctionnement : En fonction de ce que votre collectif prévoie de dépenser, plusieurs répartitions sont possibles :
Il nous semble important d’échanger sur le financement de ces dépenses dès l’arrivée des premières mais aussi en projection des futures : Comment répartissez-vous les dépenses régulières ? Envisagez-vous de créer des activités économiques pour contribuer à ce fonctionnement ?
Pour les dépenses d’investissement : Ces dépenses sont bien plus importantes que le fonctionnement et vont nécessiter des appels de fonds plus importants. Voici quelques exemples de recettes possibles :
Il nous semble important d’échanger dès l’émergence d’un collectif sur ces sujets de répartition de financement des investissements : Quelle somme souhaitez-vous que chacun·e apporte au projet ? Quelle capacités a chacun·e d’aller chercher des fonds auprès de banques ou de proches ?
Un suivi transparent des dépenses réalisées permet de garder une trace de ce qui a été dépensé, de rendre des comptes à tous les membres du collectif et d’adapter le budget en fonction des réalités.
Plusieurs outils sont possibles en fonction du niveau d’avancement d’un collectif :
Vous pouvez également créer un rôle dédié à la trésorerie pour centraliser les dépenses (et les justificatifs si besoin), mettre à jour le suivi régulièrement et rendre compte dans des réunions régulières dédiés aux finances.
Les moyens de paiement évoluent avec la maturité du collectif. Bien les choisir, c’est gagner en efficacité et en sécurité.
Un collectif en émergence commencera généralement par des premières dépenses dont chaque membre gère de son côté (exemple : un repas en auberge espagnole). Un collectif formalisé en une personne morale (exemple : association) pourra ouvrir un compte bancaire à son nom et ainsi avoir des moyens de paiement sur une même enveloppe commune alimentée par tous·tes les membres.
Le choix d’une banque pourra se faire selon les critères du collectif (éthique, proximité, coût, etc.).
Une fois des bases posées, une prochaine étape dans la suite de cette action sera d’élaborer un budget prévisionnel détaillé. Cela vous permettra de :
Pour aller plus loin, consultez l’action Faire un premier budget prévisionnel du module Définir et écrire le projet commun.
Une fois des bases posées, une prochaine étape dans la suite de cette action sera d’élaborer un budget prévisionnel détaillé. Cela vous permettra de :
Pour aller plus loin, consultez l’action Faire un premier budget prévisionnel du module Définir et écrire le projet commun.



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Les seules obligations sont de :



